Medecine chinoise, acupuncture, éclairage

Medecine chinoise, acupuncture, éclairage

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’acupuncture…
Ajouté par ipsn le 29 03 2014 dans Actualités, Carrousel, Évènements
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’acupuncture…
Le 10 avril prochain, l’IPSN proposera une conférence sur le thème : « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’acupuncture sans avoir jamais osé le demander ». Ce sera à Paris avec Jean Motte, fondateur du Centre Imhotep et acupuncteur à 19h30 à la Fondation Biermans Lapôtre (9A Bd Jourdan, 75014).
 

C’est l’occasion pour moi de revenir un peu sur la médecine traditionnelle chinoise (que l’on appelle aussi acupuncture du nom de sa technique la plus célèbre). L’acupuncture est de plus en plus répandue en Occident, mais personne ne semble d’accord sur ce que recouvre ce terme.
Une sagesse disparue
La raison de ces désaccords est simple : une grande partie de la tradition de la médecine chinoise a été perdue avec la Révolution culturelle initiée par Mao Zedong en 1966 pour renforcer son pouvoir. Cette grande vague de répression et de purges vise essentiellement les intellectuels du pays, et pour le libérer des quatre vieilleries : vieilles idées, vieille culture, vieilles coutumes et vieilles habitudes. Les acupuncteurs, tenants d’une culture médicale trois fois millénaire, sont pourchassés et massacrés. Ils meurent en série ou s’enfuient au Vietnam où l’on retrouve encore, ici ou là, un vieil acupuncteur pratiquant la médecine chinoise.
Mais le pouvoir communiste de l’époque a gagné sa guerre : les acupuncteurs ont globalement disparu et les nouvelles générations de Chinois ne s’intéressent plus qu’aux dernières trouvailles de la médecine occidentale. Aujourd’hui, ceux qui tentent de faire revivre cet art sont donc seuls dans leur quête, et rares sont ceux qui ont le courage d’aller fouiller dans les ouvrages anciens pour retrouver la lettre et l’esprit d’une médecine dont la vitalité de la démographie chinoise pendant des siècles démontre, à elle seule, le mérite.
Cosmogonie chinoise
Jean Motte est de ces chercheurs qui tentent de comprendre comment pensaient les anciens chinois et de leur rendre hommage en pratiquant un art de la santé qui est autant une thérapeutique qu’une philosophie. Pour autant, comme il le dit lui-même, l’acupuncteur est toujours en quête. Et c’est ainsi que, de son côté, avant de s’installer en tant qu’acupuncteur et de fonder en 1992 le Centre Imhotep, Jean Motte s’est formé aux arts martiaux, à l’acupuncture au Japon, à l’homéopathie à Genève chez Planète Homéo (L’école du Dr Edouard Broussalian) et à l’herboristerie à l’Ecole Lyonnaise des Plantes.
Car l’acupuncteur traditionnel est bien plus qu’un simple « aiguillothérapeute ». S’il doit être capable, en effet, d’utiliser les points d’acupuncture du corps en se servant des fameuses aiguilles, celles-ci restent un outil parmi d’autres. S’il veut bien travailler, l’acupuncteur doit comprendre la cosmogonie chinoise, c’est-à-dire accepter qu’elle soit liée à la mythologie de la Chine et sa pensée antique, mise à jour au fil des siècles. Il n’y a pas de rupture en médecine traditionnelle chinoise comme en Occident. Pasteur, comme chacun sait, était Français.
Et c’est là que les dissensions commencent. En effet, de nombreux médecins acupuncteurs ne s’intéressent qu’à la « mécanique », c’est-à-dire les aiguilles, qu’ils utiliseront comme n’importe quel autre médicament de la médecine classique pour répondre à un symptôme.
En réalité, la médecine traditionnelle chinoise s’appuie sur une compréhension globale du monde qui comprend notamment la notion de Qi ou d’énergie, le ying et le yang, les cinq saisons associées à cinq organes et cinq émotions. C’est un système complet de médecine holistique où le thérapeute cherchera à maintenir l’équilibre de son patient qui, s’il tombe malade, ne le paiera plus. Il dispose pour cela de différents outils : la pharmacopée, l’acupuncture, la diététique, le massage et le Qi Gong (Gymnastique chinoise).
Retour à l’harmonie… et au dialogue
Dès lors, on comprend les différences entre acupuncteurs qui sont plus ou moins « traditionnels », plus ou moins « purs » et plus ou moins « chinois ». C’est ce qui explique, outre la réticence des pouvoirs publics, la difficulté que peut avoir l’acupuncture à rentrer dans le paysage institutionnel en France et en Europe.
Il y a toutefois de nombreuses raisons de se réjouir pour la médecine chinoise. D’abord, l’engouement qu’elle suscite fait naître des vocations : le nombre de thérapeutes augmente et leur volonté de se faire reconnaître aussi. Parmi les structures qui les réunissent, on peut citer par exemple le SEATS, la Fédération Nationale de Médecine Traditionnelle Chinoise (FNMTC), ou encore l’Union Française des Professionnels de Médecine Traditionnelle Chinoise (UFPMTC), le Centre de Recherche et d’études en Acupuncture Traditionnelle (CREAT). Nombre d’écoles ont aussi été créées, dont le Centre Imhotep, qui tentent de faire vivre l’acupuncture en Europe. L’IPSN, fidèle à son habitude, travaillera pour aider au dialogue, renforcer les liens qui existent entre les différentes approches de l’acupuncture et l’aider à se faire reconnaître officiellement.
Notons, à ce titre, que l’Organisation Mondiale de la Santé précise dans son rapport sur les médecines traditionnelles de 2014 [1] :
« La médecine traditionnelle / médecine chinoise (MT/MC) constitue un pan important et souvent sous-estimé des soins de santé. Elle existe dans quasiment tous les pays du monde, et la demande de services dans ce domaine est en progression. La MT, dont la qualité, la sécurité et l’efficacité sont avérées, participe à la réalisation de l’objectif d’un accès aux soins universel. »
Ce rapport, financé sans surprise par la Chine, insiste sur la nécessité de faire reconnaître les médecines traditionnelles dans le monde [2] car leur coût est bien moindre que celui de la médecine conventionnelle, alors qu’elles obtiennent de bons résultats et que les peuples y sont attachés. La Chine, en prenant cette position, rompt avec l’attitude de Mao Zedong et se sert de sa culture pour augmenter son influence dans le monde. Mais la seule question qui doit nous guider est la santé du patient. Puisque l’acupuncture chinoise est efficace et qu’elle est soutenue par l’OMS, il est bon de la promouvoir en Europe et de soutenir les thérapeutes qui la portent avec passion.
Venez nombreux écouter la conférence de Jean Motte le 10 avril prochain. Inscriptions ici.
Un grand merci d’avance ! Chaque jour, la société civile se structure davantage un peu partout en Europe. Les temps sont au changement !

Sources :
[1] Stratégie de l’OMS pour la médecine traditionnelle de 2014 à 2023
[2] Cela va par ailleurs dans le sens de la reconnaissance de l’herboristerie que l’IPSN défend
[3] Progress in Health Sciences; Sienkiewicz D., Kulak W., Okurowska-Zawada B., Paszko-Patej G.

Catégorie: